Enjeux pour la santé et l'environnement

Les ondes électromagnétiques sont-elles dangereuses pour notre santé ?
Voilà une question socialement vive !

Les études scientifiques sur les effets possibles de ces ondes sur la santé et sur la faune et la flore sont très nombreuses et contradictoires, d’où des messages souvent cacophoniques. Toutefois, nombreux experts s’accordent, en l’état actuel des connaissances, sur le besoin d’appliquer le principe de précaution.
Des seuils réglementaires existent pour minimiser les risques d’exposition.

Les ondes, un cancérogène possible

Diverses études ont été menées à l’international sur les risques potentiels des antennes et des mobiles pour la santé, nombreuses d’entre elles étant relayées par l’Institut national du Cancer. A ce jour, et à la vue de ces études, il n’est pas possible de tirer une conclusion définitive. Toutefois, les champs électromagnétiques produits par les téléphones portables ont été classés par le Centre international de Recherche sur le Cancer dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’homme en 2011.  

Par ailleurs, fin 2018, les résultats d’une étude d’envergure américaine menée par le Programme national de toxicologie révèlent le lien entre l’apparition d’une tumeur cancéreuse chez un rat et son exposition à la radiofréquence telle qu’utilisée dans les téléphones portables 2G ou 3G.

Les antennes-relais, un problème déplacé ?

Selon le sociologue Olivier Borraz, la crainte que les CEM puissent avoir un effet néfaste sur notre santé est due à la conversion d’un problème d’urbanisme et de politique publique, avec un contexte politique et social donné, en un problème de santé publique. Il détaille dans l’ouvrage « Comment se construisent les problèmes de santé publique » comment, selon lui, les antennes relais de téléphonie mobile ont été inscrites sur l’agenda politique comme risque sanitaire à cause d’un contexte agençant de manière propice les différents acteurs. Selon lui, sans ce contexte, l’effet sur la santé des CEM ne serait pas un problème de santé publique. L’analyse du sociologue reste à mettre en perspective, notamment en raison du financement par les principaux opérateurs de téléphonie mobile d’une étude qu’il a menée.

Le caractère inexpliqué de l’électro-hypersensibilité (EHS), ou hypersensibilité électromagnétique, aurait, selon le sociologue de la médecine Maël Dieudonné (in « Controverses autour des champs électromagnétiques et de l’électrohypersensibilité. La construction de problèmes publics « à bas bruit », Santé publique n°1, janv-fév.  2019), contribué à alimenter la controverse sanitaire actuelle.