Enjeux pour la santé et l'environnement

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L'homme a besoin de contact avec la nature... A tel point qu'il en manque parfois, en ville, mais aussi à la campagne. Quels bienfaits, mais aussi quels risques pour la santé comporte la nature? Quels impacts avons-nous sur notre biodiversité, notre environnement? Considérons cette interaction complexe.

En ville, nous filons à toute allure dans les souterrains du métro. A la campagne, nous traversons les paysages à bord d'une voiture presque hermétique. Nos modes de vies nous déconnectent de la nature, lorsque l'on habite en ville mais aussi à la campagne. Comment est arrivé ce détachement de l'homme par rapport à la nature qui l'entoure?
Une des causes pourrait être la distinction entre nature et culture, phénomène que nous avons abordé dans le chapitre précédent. L'industrialisation serait aussi en cause, ou encore le fait que la société s'appuie sur une économie libérale.

Un besoin de nature ?

L'idée que la nature est Autre est une des bases les plus solides des sociétés modernes, la rationalité de la science, y compris de la médecine, en est une autre.
La santé n'est plus si facilement associée à la nature dans nos sociétés.

Elsa Alloin

Étude sur les bienfaits du contact avec la nature pour la santé

De nombreuses études visent à objectiver et renseigner cette intuition de plus en plus partagée que nous manquons de nature. Les Nord-Américains parlent de syndrome de manque de nature

Les bienfaits de la nature

Si l'on pointe une déconnexion de la nature, il est intéressant de noter que nombreux sont ceux qui se réjouissent à l'idée d'aller courir au parc ou de se balader en forêt.

La nature nous fait donc du bien ! Elle nous soigne même parfois. Nos ancêtres trouvaient la guérison par les plantes. Aujourd'hui, un nouveau marché se développe autour de la "santé naturelle" (naturopathie, aromathérapie, etc.). Plusieurs thérapies s'appuient sur ses bienfaits, comme la sylvothérapie ou l'hortithérapie ( jardins à visée thérapeutique).

La végétalisation des espaces urbains tient compte de l'aspect déstressant de la nature vers une meilleure qualité de vie en ville, mais aussi pour une meilleure qualité de l'air. Le contact avec les animaux est également "thérapeutique".

La nature et ses dangers­­­

Face à la notion de bien-être dans la nature, apparaît très vite la notion de risque.
La nature est risquée par essence, elle questionne même notre rapport au risque.
Que ce soit le risque de chuter en montagne, de se faire emporter par une avalanche, de se noyer, de se faire piquer en s'allongeant dans l'herbe, d'avoir une réaction allergique en se promenant dans un champ, de tomber en grimpant dans un arbre… Sentir le risque, avoir peur, c'est aussi se sentir vivant.

La nature, c'est d'abord l'air que nous respirons – avec divers allergènes et des polluants très variés.

Côté végétation, en Auvergne-Rhône-Alpes, parmi les plantes les plus envahissantes et néfastes pour l'Homme, nous rencontrons l'ambroisie. Cette plante, qui serait peut-être arrivée par un commerce de graines en provenance des États-Unis, est la principale cause d'allergies en été et à l'automne et responsable de diverses pathologies respiratoires.

Les changements climatiques modifient les risques

D'autres risques sont associés aux phénomènes liés aux changements climatiques. Certains phénomènes s'observent en lien avec le développement et la prolifération d'espèces végétales et animales non-endémiques.

Le moustique tigre, avec ses rayures noires et blanches, est à l'origine de maladies à arbovirus. Selon le scénario de réchauffement climatique pour l'horizon 2050 prévu par les experts du GIEC, l'allongement de la période d'activité de ce moustique "serait à la fois plus précoce de 15 jours et plus tardive de 26 jours", note le groupe régional d'experts sur le climat en région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur (GREC-SUD).

Des maladies déplacées

Certaines espèces animales prolifèrent ou changent de milieu de vie. Cela modifie l'écosystème et perturbe l'équilibre de la biodiversité. De manière logique, ce dérèglement a des conséquences sur la santé des hommes que nous découvrons progressivement.

La présence des chenilles processionnaires du pin et du chêne s'accroit progressivement. "Le réchauffement hivernal augmente la survie des chenilles et leur permet de terminer leur développement dans des régions où les conditions climatiques leur étaient préalablement hostiles", explique un article à ce sujet de l'Encyclopédie de l'environnement. Ces chenilles peuvent provoquer des démangeaisons, des réactions allergiques, des conjonctivites, voire même des atteintes des muqueuses respiratoires. Pour l'équilibre des forêts, les risques sont aussi nombreux. C'est ce que partage un article publié par le Parc national des Ecrins.

Par ailleurs, parasites, insectes ou acariens peuvent être porteurs d'une maladie vectorielle. C'est le cas de la tique, parfois vectrice d'une maladie nommée "borréliose de Lyme" ou "maladie de Lyme". En protégeant les renards et leurs milieux de vie, nous contribuons par exemple à limiter la prolifération des tiques (lire notre article "Biodiversité et santé").

Il y a aussi les zoonoses, des "maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'homme, et vice versa", explique un article du Ministère de l'agriculture et de l'alimentation. C'est le cas du coronavirus, d'Ebola, du Sida, transmis à l'homme en raison d'une circulation d'animaux non habituelle - les animaux ont franchi la barrière d'espèce - et de la modification des milieux par les activités humaines. (lire notre article "Biodiversité et santé").

Des produits de soin... pas toujours bons pour notre santé

Certains produits de soin utilisés pour nous soigner viennent aussi parfois modifier notre écosystème. Les crèmes solaires et les médicaments, s'avèrent parfois être sources de pollution de l'eau notamment. (lire notre article "Nos soins impactent la nature"). Comme nous faisons partie de ce système... sont-ils vraiment bons pour nous ?

Que l'on se sente élément de la nature ou distinct de celle-ci, voilà de quoi ne plus douter de la relation profonde, existentielle même, qu'il existe entre la nature et notre santé physique et psychique.

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