Enjeux pour la santé et l'environnement

Un besoin de nature ?

En ville, nous filons à toute allure dans les souterrains du métro. A la campagne, nous traversons les paysages à bord d’une voiture presque hermétique. Nos modes de vies nous déconnectent de la nature, lorsque l’on habite en ville mais aussi à la campagne.

On ne peut bien sûr pas fixer de date précise d’un tel détachement, mais certaines périodes de l’histoire participent à ce sentiment : le développement du rationalisme scientifique, notamment à travers la pensée de Descartes qui sépare les concepts de nature et de culture ; l’industrialisation des sociétés ; l’expansion du modèle économique libéral. L’idée que la nature est Autre est une des bases les plus solides des sociétés modernes, la rationalité de la science, y compris de la médecine, en est une autre.
La santé n’est plus si facilement associée à la nature dans nos sociétés.


Elsa Alloin

Etude sur les bienfaits du contact avec la nature pour la santé.

De nombreuses études visent à objectiver et renseigner cette intuition de plus en plus partagée que nous manquons de nature. Les Nord-Américains parlent de syndrome de manque de nature

Les bienfaits de la nature

Si l’on pointe une déconnexion de la nature, il est intéressant de noter que nombreux sont ceux qui se réjouissent à l’idée d’aller courir au parc ou de se balader en forêt.

La nature nous fait donc du bien ! Elle nous soigne même parfois. Nos ancêtres trouvaient la guérison par les plantes. Aujourd’hui, un nouveau marché se développe autour de la santé naturelle. Plusieurs thérapies s’appuient sur ses bienfaits, comme la sylvothérapie ou l’hortithérapie (les jardins à visée thérapeutique).

La végétalisation des espaces urbains tient compte de l’aspect déstressant de la nature vers une meilleure qualité de vie en ville, mais aussi pour une meilleure qualité de l’air. Le contact avec les animaux est également "thérapeutique".

La nature et ses dangers­­­

Face à la notion de bien-être dans la nature, apparaît très vite la notion de risque.
La nature est risquée par essence, elle questionne même notre rapport au risque.
Que ce soit le risque de chuter en montagne, de se faire emporter par une avalanche, de se noyer, de se faire piquer en s’allongeant dans l’herbe, d’avoir une réaction allergique en se promenant dans un champ, de tomber en grimpant dans un arbre… Sentir le risque, avoir peur, c’est aussi se sentir vivant.

La nature, c’est d’abord l’air que nous respirons – avec divers allergènes et des polluants très variés.

D’autres risques sont associés aux phénomènes liés aux changements climatiques. Certains phénomènes s’observent en lien avec le développement et la prolifération d’espèces végétales et animales non-endémiques .

En Auvergne-Rhône-Alpes, abordons les enjeux qui les accompagnent.
Parmi les espèces végétales concernées, une des plantes les plus envahissantes et néfastes pour l’Homme est l’ambroisie. Cette plante est la principale cause d’allergies en été et à l’automne et responsable de diverses pathologies respiratoires.

Certaines espèces animales prolifèrent également, porteuses de maladies vectorielles. Parmi elles, les tiques parfois vectrices d’une maladie nommée la borréliose de Lyme. Le moustique tigre, avec ses rayures noires et blanches, est à l’origine de maladies à arbovirus.
Le contact avec les poils des chenilles processionnaires du pin et du chêne peuvent provoquer des démangeaisons, des réactions allergiques, des conjonctivites, voire même des atteintes des muqueuses respiratoires.

Un écosystème en bonne santé

Notre santé dépend de notre environnement. Le maintien de notre biodiversité impacte de manière logique notre santé. Par exemple, lorsque nous protégeons les renards et leurs milieux de vie, nous contribuons à limiter la prolifération des tiques, et par conséquence à limiter le développement de la maladie de Lyme.

Nos soins impactent également notre écosystème. Les crèmes solaires et les médicaments, s’avèrent parfois être sources de pollution, de l’eau notamment. Ces produits utilisés pour nous soigner viennent parfois même modifier notre écosystème. Et comme nous faisons partie de ce système... sont-ils vraiment bons pour nous ?

Que l’on se sente élément de la nature ou distinct de celle-ci, voilà de quoi ne plus douter de la relation profonde, existentielle même, qu’il existe entre la nature et notre santé physique et psychique.