Concepts et définitions

Est-il possible d’arrêter une seule définition du terme nature ? Il nous est familier. Pourtant, il existe une foule de représentations et de définitions qui l’accompagnent. Vous imaginez-vous des feuillages éclairés par le soleil ? Une forêt ? Un potager en centre-ville ? Une coccinelle qui se pose sur votre cuillère au restaurant ? Un nourrisson qui vient de naître ? Une terre agricole ? Un sentier où faire votre jogging ? Ou encore, vous projetez-vous dans un espace divin et sacré ?

Il n’est pas question ici de fixer une unique définition. Car il est intéressant, quand on se lance dans un travail éducatif entre nature et santé, de comprendre que ces deux termes revêtent des acceptions très diverses. Nos définitions de la nature touchent à nos représentations du monde et de l’humanité, à nos croyances aussi. En voici quelques-unes.

Nature versus culture

La « nature » est parfois opposée à la « culture ». Dans cette conception, la nature serait présente d’elle-même, espace intact qui existe par et avec ses propres ressources, sans intervention humaine, à l’état sauvage. A contrario la culture serait le fruit de la société, de la civilisation. Elle serait une création de l’Homme et suivrait l’évolution de ses modes de vie, de ses mœurs, de ses pensées.
La nature serait là avant l’Homme, et en dépit de lui.
La culture serait acquise, pure création de l’Homme.

La nature est ce qui ne dépend pas de notre volonté, ce qui n’est pas humain.

François Terrasson

Le naturaliste développe dans La Peur de la nature (éd. Sang de la terre, Paris, 1991) : la notion de nature disparaitrait dès lors que les hommes interviennent sur elle. La relation des hommes à la nature combinerait « l’attirance et la peur, ingrédients du sacré », ce qui serait l’origine de la sacralisation de la nature dans la plupart des sociétés.

Une question reste ouverte : Les hommes font-ils partie de la nature ?

Cette rupture entre nature et humanité laisse penser qu’un lien serait à rétablir pour une rencontre, une connaissance vers une meilleure interaction.

La nature, un milieu biologique

Une autre définition de la nature porte un regard scientifique sur notre monde. Elle présente la nature comme un milieu pour les espèces animales et végétales. Ce milieu terrestre est défini par le relief, le sol, le climat, l’eau, la végétation. C’est un environnement avec ses lois biologiques et physiques.

Cette vision, déclinée de manière plus anthropocentrée, définit la nature comme un cadre de vie possible pour l’homme, avec ses paysages et ses ressources.  La représentation de ces milieux est communément verte, végétalisée, peu peuplée d’humains mais d’une riche biodiversité. La nature est extérieure à l’Homme, avec ses plaisirs et ses bienfaits, ses dangers et ses nuisances.

Est-il juste de la mettre à l’écart de nos quotidiens, lui laissant un caractère au-delà de l’ordinaire ? Il est intéressant de constater qu’elle est présente partout, même dans les centres-villes les plus urbanisés. Pour désigner cette nature qui nous entoure où que nous soyons, il existe le concept de nature ordinaire. Sa définition élargit notre perception de la nature, ouvrant nos yeux sur la place de la nature en ville.