Enjeux pour la santé et l'environnement

Notre environnement sonore fait partie intégrante de notre communication : il est utile pour prévenir d’un danger par exemple. Parler, crier, chanter… voilà des fonctions essentielles pour s’exprimer, faire passer un message, partager des émotions.
Pour notre plaisir, nous nous servons d’instruments de musique, nous écoutons des musiques amplifiées, des enregistrements de sons de la nature. La musique nous émeut et nous rassemble. Elle adoucit les mœurs et les cœurs, réduit le stress, améliore notre créativité et soigne même parfois. Les musicothérapeutes sont de plus en plus présents dans les lieux de soins. De nombreux chercheurs travaillent sur les effets qu’elle produit sur notre cerveau. Pierre Lemarquis parle d’ « empathie esthétique » et développe les rouages de cet effet thérapeutique.

Une nuisance au quotidien

Le bruit peut également être gênant et nocif. S’il inquiète moins les Français que d’autres problèmes environnementaux comme la pollution de l’air ou de l’eau, il représente une nuisance importante au quotidien. Ce serait un des premiers éléments à porter atteinte à notre qualité de vie. Ses sources sont nombreuses : voisinage, appareils électro-ménagers, transports, musique amplifiée, travail, école, etc.
Selon les représentations que nous avons des bruits qui nous parviennent, notre état du moment, leur intensité, leur durée et leur fréquence, il sera source de plaisir ou de gêne.


2 sur 3
personnes
citent le bruit à leur domicile
comme première source de nuisance

Source : Enquête TNS SOFRES, 2010


67 %
des actifs
jugent leur milieu de travail bruyant

Source : « Bruit et santé », Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 2005


Un danger pour les oreilles

Au-delà de la gêne, le bruit peut avoir des effets directs sur l’audition mais aussi sur l’état de santé général, en particulier sur le sommeil et le stress.
Des sons d’intensité trop élevée ou l’écoute de sons sur une durée trop prolongée peuvent déclencher des lésions auditives. Cela se manifeste par l’apparition d’acouphènes, des sifflements ou des bourdonnements ponctuels ou permanents, ou par de l’hyperacousie, une hypersensibilité au bruit.
Un seul traumatisme sonore suffit pour altérer l’audition de manière irréversible.

La durée et la puissance du bruit sont en cause. Voici quelques exemples.

Bruits et décibels
 

 

Ambiance et sensation   Temps d'exposition maximal préconisé
Fusée au décollage 190dB    
Enceintes à fond dans une voiture 130dB    
Avion au décollage 120dB sensation de douleur 12 secondes
Marteau piqueur – concert de rock
Discothèque  
110dB dangereux 2 minutes
Cri – chantier de construction    risqué 20 minutes
Soirée dansante 90dB   3 heures
Traffic routier continu - klaxon 85dB fatiguant et pénible 8 heures
discussion normale
marché animé  
70dB vivant  
Lave-linge  45dB acceptable  
chuchotement - jardin calme     20dB calme  
Désert 10 dB très calme  
seuil de référence -
laboratoire acoustique
perception des bruits du corps 
0dB    

Sources : Wikipédia / Bruitparif  / "L’environnement sonore à l’école. Agis-sons !" Dossier pédagogique / Ministère de la Santé / France Acouphènes

Des oiseaux qui s’égosillent

Le bruit n’agit pas que sur l’homme. Les activités humaines sont surtout émettrices de basses fréquences, perturbant les signaux de basse fréquence émis par les animaux. Oiseaux, grenouilles, baleines ou insectes doivent modifier leurs vocalises pour pouvoir communiquer malgré ce bruit, rapporte un article scientifique publié dans The Royal Society. Ce qui n’est pas sans conséquence.
Certains oiseaux sont tellement stressés par les bruits environnants que leur reproduction et leur manière de chanter s’en trouvent perturbées, raconte une étude de l'Académie nationale des sciences américaine. Pour continuer à communiquer avec les bruits de la ville, certains oiseaux modifient leur chant… et en deviennent moins désirables. D’autres oiseaux quittent les villes à cause du bruit… l’équilibre de la biodiversité s’en retrouve perturbé. Chez les rainettes, les perturbations sonores impactent leur système immunitaire et la coloration de leur peau alors que la séduction est favorisée quand les grenouilles sont de couleur vive.

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