Concepts et définitions

Nous passons en moyenne 14 heures par jour dans notre domicile. Et près de 80% de notre temps dans des espaces clos : au bureau, dans les lieux de loisirs, chez d’autres personnes, dans les transports, les commerces ou les espaces de soins. L’air que nous y respirons n’est pas toujours de bonne qualité. Il est même souvent plus pollué que l’ air extérieur.

La pollution intérieure se fait petit à petit connaître mais reste une préoccupation récente. Une étude de 2006 menée par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a, pour la première fois en France, permis un état des lieux à grande échelle analysant la pollution existante à l’intérieur des bâtiments. Première conclusion :

Il existe une spécificité de la qualité de l’air à l’intérieur des logements par rapport à l’extérieur qui s’exprime en particulier par la présence de certaines substances non observées à l’extérieur ou par des concentrations nettement plus importantes à l’intérieur.

Observatoire de la qualité de l’air intérieur

Les déterminants de la qualité de l’air

Lorsque l’on évoque notre environnement intérieur, il est en bonne partie question de la qualité de l’air. Elle est conditionnée par plusieurs paramètres. Elle dépend de la localisation (en pleine nature ou au bord d’un périphérique), des différents matériaux présents (objets, meubles, fumée, équipements de chauffage), de l’état du lieu (moisissures, matériaux neufs) et des produits qui y sont utilisés (produits d’entretien, peinture, etc.). Tous ces éléments s’accumulent et forment la pollution de l’air intérieur.

Il est possible de classer les facteurs polluants en trois catégories :

  • les facteurs chimiques (naturellement présents dans l’air ou liés à des produits toxiques) : fumée de tabac, COV (composés organiques volatiles), monoxyde de carbone, etc.
  • les facteurs biologiques : acariens, moisissures, etc.
  • les facteurs physiques : champs électromagnétiques, radon, etc.
     

Notre environnement intérieur est également concerné par la question du bruit à laquelle un chapitre complet est dédié.

La pollution lumineuse concerne également nos lieux de vie. Elle est réglementée par la loi 41 du Grenelle II - chapitre « prévention des nuisances lumineuses ». Cette pollution est générée par les commerces éclairés la nuit et par l’éclairage public. Elle perturbe la biodiversité et nos rythmes de sommeil.

Un environnement chargé d’inégalités ?

Nos espaces d’habitation sont aussi le reflet d’inégalités sociales. Les divers polluants intérieurs sont corrélés à une situation économique et sociale. C’est le cas dans les situations de précarité énergétique, d’insalubrité ou de dégradation des logements ou encore - de localisation. Il suffit de penser aux immeubles en bordure des périphériques.
Mais le lien entre situation économique et sociale et pollution intérieure n’est pas systématique. Les habitants d’une très belle villa peuvent voir leur santé mise en danger si leur habitation est polluée au radon ou si le système de chauffage au bois est défectueux.

Nous sommes tous concernés par la pollution intérieure. Il est donc important d’informer et de sensibiliser les populations et les politiques à ce sujet. Ils pourront ainsi, selon leur contexte, intervenir sur la qualité de leur environnement, subissant moins les effets des divers polluants encore trop peu connus.

Nos intérieurs sont aussi chargés d’ambiances, d’habitudes et associés à une vie sociale, professionnelle ou familiale. Ils permettent de partager des temps de vie importants et apportent aussi bienfaits et plaisirs.