Enjeux pour la santé et l'environnement

Les changements climatiques peuvent être perçus comme bénéfiques pour l’Homme avec « une baisse de la mortalité hivernale dans les zones tempérées ou une augmentation de la production vivrière dans certaines région », souligne l’OMS (in « Changement climatique et santé » )
Toutefois, à l’échelle mondiale les conséquences sont plutôt dramatiques. Des vagues de sécheresse sans précédent entraînent une baisse des productions agricoles, et par conséquence des famines et des flux de populations à la recherche de ressources.
L’élévation du niveau des mers multiplie les inondations, toujours plus intenses, qui génèrent la destruction des cultures, des habitations, des infrastructures et des migrations massives de personnes. Ces phénomènes créent une nouvelle catégorie de réfugiés : les réfugiés climatiques.


250 millions
de réfugiés climatiques
en 2050
si aucune mesure n'est prise

L. Craig Johnstone,
Conférence des Nations Unies, 2005

Ces différentes répercussions sont particulièrement graves pour les pays pauvres, creusant ainsi davantage les inégalités entre pays du Nord et du Sud.

De nouvelles maladies ?

Les effets des réchauffements climatiques sur la santé sont complexes et leur étude est récente. Des situations météorologiques nouvelles (périodes de canicule répétées et allongées, vagues de sécheresse, hivers moins froids, etc.) ont un impact, dans notre région. Les virus de la grippe subsistent à l’hiver et durent plus longtemps. La teneur de l’air atmosphérique en ozone et les fortes chaleurs sont à l’origine de fortes concentrations en pollens et autres allergènes. En conséquence, se multiplient les cas d’allergies, de rhume des foins, d’asthme. Le fort rayonnement du soleil est également à l’origine de coups de soleil et de problèmes de peau.


Les épisodes de canicules se multiplient et contribuent directement à la mortalité par maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Lors de la canicule d'août 2003, une surmortalité de près de 15 000 décès a été enregistrée.
Sources : « Chaleur et santé », Santé Publique France et « Changement climatique et santé », OMS.

« De nouvelles pathologies pourraient-elles émerger sous nos latitudes ? » se sont interrogés les chercheurs du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) « Climat, environnement, société » ? CNRS Le Journal.
Quid, par exemple, de l’arrivée en France de maladies véhiculées par le moustique tigre ?

L’arrivée en France du chikungunya n’a rien à voir avec le changement climatique. Elle est due à la densification des transports, maritimes, aériens, au niveau mondial, qui a permis l’arrivée des larves jusqu’en Europe.

Jean-François Guégan, membre du conseil scientifique du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Climat-Environnement-Société

« Le changement climatique, mauvais pour la santé »

Un écosystème déplacé

La hausse des températures impacte également la transmission des maladies véhiculées par les insectes : la saison de transmission s’allonge et leur étendue géographique s’élargit. C’est le cas de la maladie de Lyme portée par les tiques.
C’est également le cas du paludisme, porté par les moustiques du genre Anopheles, comprenant plusieurs types d’espèces.


Des températures plus douces, plus constantes, couplées à des périodes de pluie plus longues sous nos latitudes pourraient, à terme, signifier une expansion jusqu’au sud de l’Europe de l’aire de distribution du paludisme qui sévit aujourd’hui en Afrique
 

Jean-François Guégan, membre du conseil scientifique du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Climat-Environnement-Société.

« Le changement climatique, mauvais pour la santé »

Le développement de végétaux allergènes devrait également être accentué par le réchauffement climatique. D’ici 2050, l’ambroisie et le bouleau devraient s’étendre de manière conséquente.


Des inondations en Auvergne-Rhône-Alpes

En Rhône-Alpes, on prévoit qu’en 2030, la baisse du cumul des précipitations serait de 5 à 10% et en 2050, elle pourrait atteindre 15% selon les scénarios. Les ressources en eau étant inégalement réparties, certaines zones (Drôme, Ardèche, Ain, Plaine du Forez) se retrouvent sans eau, avec des conflits d’usage. Il est annoncé que la tendance devrait s’accentuer.

En parallèle, les phénomènes de fortes pluies sont prévisibles sur la région.

La survenue et l’intensité d’événements extrêmes localisés devrait s’accroître. (…) Plus de 50% des communes rhônalpines présentent sur leur territoire des zones habitées exposées aux inondations.

« Changement climatique et santé en Rhône-Alpes », ORS

Différents scénarios

En octobre 2018, le GIEC a publié un rapport spécial sur les effets du réchauffement planétaire de 1,5°C, annonçant que ce réchauffement s’élèvera à au moins 2°C en 2100 si rien n’est fait pour contrecarrer la tendance.

D’ici à 2100, le niveau de la mer à l'échelle de la planète serait, si le réchauffement était limité à 1,5 °C, inférieur de 10 cm à celui qui risquerait d'être enregistré s'il était limité à 2°C.

https://www.un.org/fr/sections/issues-depth/climate-change/index.html

Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 ° C, des « changements rapides et de grande envergure » sont nécessaires.  Les règlementations et politiques publiques actuelles suffiront-elles ?

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