Enjeux pour la santé et l'environnement

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Date de dernière mise à jour:
27/06/2019

La pollution atmosphérique représenterait aujourd’hui le premier sujet de préoccupation environnementale des Français. A juste titre. En 2013, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), instance spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé la pollution de l’air extérieur comme cancérigène pour l’Homme.
Les chiffres fréquemment médiatisés concernant l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique sont alarmants.

48 000
morts par an en France
en raison de la pollution de l’air, soit
5% des décès annuels

(Source : Santé Publique France - 2016)

Ces chiffres ont été revus au Printemps 2019… A la hausse ! Ils seraient plus importants qu’estimés jusqu’aujourd’hui, selon une étude relayée par la revue médicale European Heart Journal.Les particules fines seraient, selon cette nouvelle analyse, à l’origine de 800 000 morts prématurées par an en Europe et de près de 9 millions à l’échelle de la planète.

La composition de l’air peut avoir aussi des conséquences indirectes sur tous les êtres vivants et la biosphère :  les chlorofluorocarbures (ou CFC) impactent la couche d’ozone, les gaz à effet de serre contribuent aux changements climatiques.

Des populations vulnérables à la pollution

Des actions ciblées sont indispensables pour mieux protéger les populations européennes les plus vulnérables, notamment les plus démunis, les personnes âgées et les enfants, contre les dangers environnementaux tels que la pollution atmosphérique et sonore et les températures extrêmes.

Agence européenne pour l’environnement

Parmi les "populations vulnérables", les enfants, par exemple, respirent deux fois plus rapidement. Ils absorbent ainsi plus d’air, et donc de particules nocives, comparé à leur poids. Autre exemple : les foyers les plus modestes, dans certaines zones de l’Europe, se chauffent au charbon, importante source de pollution atmosphérique. Chez les personnes âgées, les polluants ont une influence sur l’apparition, l’aggravation ou l’accélération des pathologies cardio-respiratoires, rapporte une étude de Santé publique France.
A noter que les difficultés socio-économiques, associées à d’autres facteurs (âge, santé), viennent aggraver les risques.

Des territoires surexposés dans notre région

En Auvergne-Rhône-Alpes, les territoires rencontrent des réalités variées. Il existe de fortes disparités d’exposition à la pollution de l’air.

Certains territoires sont surexposés : les grandes agglomérations, où vivent près de 80 % de la population régionale, des zones à risques (vallée du Rhône, vallée de l'Arve, Allier- zone nationale 7), des territoires à préserver sur plus de la moitié du territoire régional mais sensibles à une pollution secondaire estivale (ozone) néfaste pour la végétation et la santé des populations.

ATMO Aura - Rapport 2017

Une situation qui s’améliore ?

Au niveau national, la pollution atmosphérique tendrait globalement à réduire depuis 20 ans (graphique de 2000 à 2016, Ministère de la transition écologique et solidaire).

2017 marquerait une amélioration de la qualité de l’air. Il s’agit de la première année au cours de laquelle aucun dépassement de la valeur réglementaire française et européenne  n’est mesuré pour les particules PM10 dans région Auvergne-Rhône-Alpes.

Pas de quoi rester satisfaits : pour les autres polluants, les chiffres restent alarmants.

 

Une étude délicate des dégâts de la pollution atmosphérique
Nos connaissances sur l’impact sanitaire des pollutions atmosphériques évoluent constamment et rapidement. Elles sont à aborder avec un regard aiguisé et critique.
Le danger pour la santé et l’environnement de la pollution ne fait pas de doute. Il est toutefois intéressant d’avoir à l’esprit que les chiffres largement médiatisés ne peuvent être perçus comme précis scientifiquement. Ils servent à pointer une problématique et mesurer son ampleur en fonction de critères et de contextes choisis.
« L’étude de la relation entre la qualité de l’air et la santé respiratoire se heurte à de nombreux problèmes méthodiques », nuancent Isabella Annesi-Maesano et William Dab dans une publication de l’Inserm. Ils illustrent : « en milieu urbain, tout le monde est exposé à la pollution de l’air : on ne peut donc pas mettre en œuvre les approches épidémiologiques classiques comparant la fréquence des maladies ou des décès chez des groupes exposés et non exposés. » 
Les chiffres connus restent pertinents en termes d’éducation, de communication et de santé publique : ils pointent une problématique réelle sur laquelle il est urgent de mobiliser, et à partir desquels des actions collectives doivent être mises en place.