Renard roux dans un arbre du Lot
Focus

Biodiversité et santé

Il est indispensable de souligner l’interdépendance et les liens qui existent entre le maintien de la biodiversité et de la santé ! Les abeilles en sont un exemple emblématique. Au-delà de celui des abeilles, il existe de nombreux cas d’interdépendance.

Sans abeilles, plus de plantes à fleurs

Les abeilles jouent un rôle essentiel pour la nature et l’Homme. Bien sûr elles peuvent nous piquer pour se défendre. Cela peut-être très dangereux en cas de réaction allergique. Mais elles sont aussi indispensables à la biodiversité et à notre alimentation via leur rôle de pollinisatrices. Sans elles, les plantes à fleurs ne peuvent plus se reproduire. Très impactées par l’utilisation de pesticides, les variations climatiques et les parasites, une surmortalité des abeilles est constatée à l’échelle mondiale depuis les années 1980, selon l’Anses.
Leur déclin « pourrait augmenter la mortalité mondiale de près de 3%, révèle une étude publiée dans The Lancet et relayée par Sciences et Avenir. Cette situation serait le résultat d'une augmentation des carences en vitamine A et en vitamine B9 (contenues dans nombre de fruits et légumes) dues aux modifications alimentaires liées à la raréfaction des fruits, légumes, noix et graines.

Sans renards, davantage de tiques

Les renards nous sont aussi précieux ! Ils contribuent à limiter la prolifération des tiques et donc le développement de la maladie de Lyme. En 2017 l‘équipe de Tim R. Hofmeester de l‘Université de Wageningen a mené une étude sur vingt parcelles forestières aux Pays-Bas. Elle démontre que l‘activité des prédateurs, en régulant les populations de rongeurs porteurs peuvent abaisser le nombre de tiques dans un écosystème. Elle note aussi que moins il y a de tiques, moins elles sont elles-mêmes infestées par des pathogènes comme la bactérie responsable de la maladie de Lyme. (source : Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité et La Croix)

Le paysage et son équilibre

Des chercheurs de l’Inra et du CNRS ont travaillé sur le rôle que peut jouer le paysage dans la survenance de maladies transmises par les tiques à l’homme et au bétail.

Pour comprendre la circulation des bactéries dans le paysage, le laboratoire Ecobio a étudié la contamination des tiques et des petits mammifères dans une région rurale, au sud de la baie du Mont-Saint-Michel. Alain Butet, biologiste et spécialiste en écologie du paysage, note : « La fragmentation du paysage empêcherait l'effet de dilution de la dangerosité de la bactérie du fait de la disparition des mammifères de plus grande taille (cerfs, opossums…), les tiques étant concentrées chez les petits rongeurs.». Avec la modification artificielle des paysages par l’Homme, ces petits animaux se retrouvent en abondance… et comme ils sont les hôtes privilégiés des tiques, ils participent à leur prolifération.

Sans obscurité, un cycle perturbé

La pollution lumineuse est aussi reconnue pour son impact perturbant sur la biodiversité.  Un bilan des effets de cette pollution montre des impacts très divers sur le fonctionnement des organismes et leur survie. La loi 41 du Grenelle II précise les raisons pour encadrer les émissions de lumière artificielle . Quid du lien à notre santé ?

Cette pollution diffuse joue, avec d’autres pressions, un rôle majeur dans la perturbation des écosystèmes et la biologie des espèces (humains compris).

Espaces Naturels

Les lumières artificielles altèrent notre horloge biologique. Les arbres constamment éclairés arrêtent de perdre leur feuillage.
Ce phénomène va croissant et représente un enjeu environnemental important car la réduction de l'éclairage public aurait aussi des conséquences en termes de dépense énergétique, note un article de l'Université de Liège.